Vérité Nue de l’Amour Pur

Léon Perrault – Nude child with dove

La pureté est toujours nue,
Nue car pleine de retenue ;
Mais personne ne le comprend,
On la couvre de vêtements.

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André Breton : Écoute au coquillage

Léopold Morice – Fillette à la coquille, Pont Alexandre III, Paris, France (de Wikimedia Commons)

J’ai expliqué précédemment qu’André Breton ne croyait pas aux capacités des enfants, il nia d’emblée que Minou Drouet eut pu écrire ses poèmes à 8 ans, et j’ai présenté un de ses rêves où des fillettes apparaissent infantiles et d’une certaine façon effrayantes.

Probablement la seule fillette qu’il aima fut sa propre fille Aube. Dans son livre L’amour fou il relate sa rencontre avec Jacqueline Lamba le 29 mai 1934, dans un climat étrange de prémonitions et de symboles. Les deux tombèrent follement amoureux et se marièrent le 14 août. Leur fille Aube naquit le 20 décembre 1935, et Breton s’attacha à son enfant. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

Un rêve d’André Breton

Toyen – Portrait d’André Breton (1950)

André Breton ne fit jamais grand cas des enfants et de leurs capacités. Quand il cherchait un poète ou un artiste, c’était un homme, éventuellement une femme, jamais un enfant. Ainsi quand parurent les premiers poèmes de Minou Drouet, âgée de 8 ans, il proclama d’emblée, sans prendre la peine d’enquêter sur les faits, qu’il était impossible qu’une enfant de cet âge pût écrire par elle-même ces poèmes. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

Le génie enfant

Quand l’enfance meurt, ses cadavres sont appelés adultes et ils entrent dans la société, un des noms plus polis de l’enfer. C’est pourquoi nous redoutons les enfants, même si nous les aimons, ils nous montrent l’état de notre décomposition.
(When childhood dies, its corpses are called adults and they enter society, one of the politer names of hell. That is why we dread children, even if we love them, they show us the state of our decay.)
Brian W. Aldiss, cité dans le Manchester Guardian (31 Décembre 1977)

Depuis des millénaires, on considère les enfants comme incompétents et dénués de discernement, au contraire des adultes. Ce jugement, plus politique que scientifique, sert à justifier l’autorité des adultes sur les enfants, qui s’exerce en toute chose. Je vais prendre le contre-pied de l’opinion dominante, défendue ardemment par tous ceux qui s’accrochent à leur pouvoir, et exalter le génie de l’enfance. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

Charles Baudelaire : Le Vin

Saturno Buttò – Mixed technique on paper cm. 58×39 – from saturnobutto.com

Baudelaire publia en 1851 le court essai Du vin et du haschisch, comparés comme moyens de multiplication de l’individualité, qui étudie les effets des deux drogues sur la personnalité, le comportement et l’inspiration. Plusieurs éditions l’incluent dans Les Paradis artificiels, bien qu’il n’en fasse pas partie. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

De Quincey et la petite fille misérable, d’après Baudelaire

Zhenya Gay – illustration for Confessions of an English Opium-Eater by Thomas De Quincey (1950) – The Heritage Press, New York

Après le recueil de poèmes Les Fleurs du mal, l’œuvre la plus célèbre de Charles Baudelaire est l’essai Les Paradis artificiels, publié en 1860, consacré à l’usage récréatif des drogues, plus précisément du haschisch et de l’opium. Il connut un large succès, il reste un exposé classique des effets de la drogue, comme l’exaltation, puis la dépendance et la souffrance. D’ailleurs l’expression “paradis artificiels” est couramment utilisée pour désigner l’utilisation de drogues (en particulier hallucinogènes) pour stimuler l’imagination ou enivrer les sens. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

Antonine Coullet : Poésies d’une Enfant

Antonine Coullet-Tessier (c.1903)

L’OCÉAN

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Le murmure des mers est plus triste la nuit.
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L’écrivaine française Antonine Coullet-Tessier est née à La Roche-sur-Yon le 10 janvier 1892. À 9 ans elle commença à écrire de petits poèmes. Des adultes fascinés par ce don — pourtant pas si exceptionnel à cet âge — décidèrent en 1902 de publier ses vers. Ainsi parut début 1903 (mais achevé d’imprimer le 17 novembre 1902) son recueil Poésies d’une Enfant, sous son nom patronymique Antonine Coullet, publié par Alphonse Lemerre à Paris. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

Charles Baudelaire : Enivrez-vous

MoonCCat – Absinthe Minette

L’écrivain français Charles Baudelaire (1821–1867) fut un précurseur dans de nombreux domaines, en particulier il développa une nouvelle forme d’écriture, le poème en prose. Ainsi 50 de ceux-ci, rédigés entre 1855 et 1864, furent rassemblés dans son recueil posthume Le Spleen de Paris, publié pour la première fois en 1869 par Michel Levy dans le quatrième volume des Œuvres complètes de Baudelaire.

ENIVREZ-VOUS

Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.

Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront : « Il est l’heure de s’enivrer ! Pour n’être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »

Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris (Petits poèmes en prose), XXXIII