Charles Baudelaire : Le beau navire

William Stott of Oldham – Wild Flower (1881)

En août 1847, Baudelaire eut une liaison avec Marie Daubrun, née en 1827 sous le nom de Marie Bruneau. Plusieurs poèmes de son recueil Les Fleurs du mal lui sont consacrés, dont celui-ci, où il la décrit comme une jeune adolescente, à la fois enfant et femme. On notera que les trois premières strophes sont répétées dans les quatrième, septième et dixième. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

Minou Drouet : Le château de sable

Roger Hauert – Minou Drouet – dans Poèmes (1956)

Dans un précédent article, j’ai décrit comment Minou Drouet fit la connaissance d’un garçon de quinze ans, Philippe, amoureux d’elle, qu’elle finit par aimer. Dans ce poème de son deuxième recueil, Le Pêcheur de lune, elle parle de la relation tendre qu’elle noua à huit ans avec un garçon de douze ans, avec qui elle jouait sur la plage. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

Charles Baudelaire : À une mendiante rousse

Émile Deroy – La petite mendiante rousse (c.1843–1845) – provient de Wikimedia Commons

Charles Baudelaire (1821–1867) représente le prototype du “poète maudit” et il anticipe les “décadents” de la fin du 19e siècle. Son chef-d’œuvre, le recueil de vers intitulé Les Fleurs du Mal, explore l’érotisme, la débauche, le vin et la drogue, mais également le dégoût et l’expiation. La première édition, parue le 25 juin 1857, comprenait 100 poèmes (plus un non numéroté en introduction, adressé “Au Lecteur”). Le 20 août, Baudelaire et son éditeur furent condamnés pour « outrage à la morale publique », six des poèmes furent interdits, et l’édition fut saisie. Les éditions suivantes (1861, 1866 et 1868), sans ces six pièces censurées, changèrent l’ordre des poèmes et en inclurent de nouveaux. L’œuvre fut finalement réhabilitée le 31 mai 1949 par la Chambre criminelle de la Cour de cassation. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

Minou Drouet : Pour un chien errant

Roger Hauert – Minou Drouet – dans Poèmes (1956)

Dans son enfance, Minou Drouet était très attachée aux animaux, en particulier chiens et chats, leur prodiguant volontiers son affection. J’ai reproduit son poignant poème « Je n’avais qu’un ami », qui parle de sa douleur quand on lui a enlevé son chien, mais elle composa aussi d’autres poèmes dédiés à des chiens. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

Lettre de Minou Drouet à sa mère

Roger Hauert – Minou Drouet – dans Poèmes (1956)

Quand René Julliard fit paraître en septembre 1955 une plaquette hors commerce comprenant une sélection de poèmes et de lettres de Minou Drouet, une virulente polémique agita la presse pendant plusieurs mois, principalement sur leur authenticité ; nombreux affirmèrent qu’une enfant de 8 ans ne pouvait pas écrire avec autant de brio et d’intelligence. Plusieurs journaux (dont Elle) affirmèrent qu’il s’agissait d’une imposture, que sa mère (adoptive) était le réel auteur de ces textes. Cette controverse, en particulier ces accusations, heurtèrent profondément Minou. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

Antonine Coullet-Tessier : à la lune

Antonine Coullet-Tessier, née à La Roche-sur-Yon en 1892 et morte en 1983, est une poète et romancière française, fondatrice en 1930 du « Prix populiste ». Elle connut un certain succès comme enfant poète, publiant à onze ans son premier recueil, Poésies d’une enfant (Lemerre, 1903, 71 pages). En 1904, elle fit paraître plusieurs poèmes dans la livraison du 15 juillet de la Revue des Deux Mondes, qui les présenta en ces termes : CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

Minou Drouet : L’influençable

Boris Lipnitzki / Roger-Viollet – Minou Drouet (1957) – provient de Paris en Images

Dans ce poème dédié à Lucette Descaves, son professeur de piano qu’elle appelait « mon Amour », Minou Drouet lui retourne avec beaucoup d’humour le reproche d’influençabilité que cette dernière lui avait fait. En fait, dit-elle, toute la nature est influençable, comme la mer qui porte le reflet du soleil. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

Minou Drouet : Lettres à Lucette Descaves

William-Adolphe Bouguereau – Fardeau Agréable (1895) – from Wikimedia Commons

Vous voulez bien fermer un petit peu vos si jolis rayons de miel sur mes fautes et me laisser vous embrasser parce que je vous aime bien et que votre figure sent mon jardin le matin, et j’embrasse la dame au col blanc.
(Minou Drouet, Lettre à Lucette Descaves, Arbre, mon ami, p. 73)

Dans sa petite enfance, Minou Drouet s’ouvrit au monde grâce à la musique, qui devint sa grande passion. Aussi ses premiers sentiments de type amoureux s’adressèrent à Lucette Descaves, son professeur de piano, qu’elle appelait « mon Amour » et à qui elle écrivit de belles lettres emplies de tendresse. J’ai déjà reproduit dans un précédent article certaines d’entre elles, qui illustraient son univers fait de musique et d’odeurs. Ici je présente des extraits de plusieurs autres lettres, exprimant toute la puissance de la passion qui animait cette petite fille de huit ans. Pleines de poésie, elles font appel à des images frappantes, et certaines contiennent des vers. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

Minou Drouet et René Julliard

Minou Drouet et René Julliard (1956) - Le Figaro

Minou Drouet et René Julliard (février 1956) – Le Figaro

Minou Drouet et René Julliard entretenaient une relation complexe mais asymétrique. Pour l’éditeur, Minou fut tout d’abord un écrivain à succès, même si tous deux se lièrent d’amitié et correspondirent. Mais pour la petite fille, Julliard fut d’abord un ami, qu’elle surnommait « ma Sonate », et comme avec ses autres amis, elle lui exprima tout son amour ; mais bientôt elle souhaita qu’il fût son père (elle vivait uniquement avec sa mère et sa grand-mère adoptives) : CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…