Émile Blémont : Fleur-des-blés

Pierre-Auguste Renoir -  Petite Fille à la Gerbe (1888) - Wikimedia Commons

Pierre-Auguste Renoir – Petite Fille à la Gerbe (1888) – Wikimedia Commons

Voici un autre poème de Chansons des champs, la deuxième partie du recueil Les pommiers en fleur : idylles de France et de Normandie d’Émile Blémont. Le poète prie la chère alouette de chanter “la joyeuse et fraîche fillette”, “la belle que mon cœur souhaite”, “ses cheveux blonds”, “ses lèvres”, “ses yeux bleus.”

XXXII — FLEUR-DES-BLÉS

Alouette, chère alouette,
Avant de prendre ton essor,
Chante dans les blés, chante encor
La belle que mon cœur souhaite ;
Chante encore, chante, alouette,
Ses cheveux blonds dans les blés d’or !

Calme mon attente inquiète,
Alouette aux cris amicaux !
Chante, chante à tous les échos,
Le rire en fleur de la coquette ;
Chante ses lèvres, alouette,
Dans les rouges coquelicots !

Alouette douce et fluette,
Ame libre de l’épi mûr,
Chante, de ton chant le plus pur,
La joyeuse et fraîche fillette ;
Vole en plein ciel, chante, alouette,
Chante ses yeux bleus dans l’azur !

Source du poème : Émile Blémont, Les pommiers en fleur : idylles de France et de Normandie, édition Charpentier (1891), sur Gallica.

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3 thoughts on “Émile Blémont : Fleur-des-blés

  1. Dans ce poème, le substantif “fillette” dans la dernière strophe doit manifestement être entendu dans le sens de “jeune fille”, ce qui est fréquent dans la littérature, mais que seul le contexte permet de confirmer. Cf. la chanson interprétée par Juliette Greco, “Si tu t’imagines, fillette, fillette… etc.”.

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    • Oui, c’est courant chez Blémont, on ne sait jamais quel âge ont ses fillettes.
      Cf. l’expression “baby” utilisée dans de nombreuses chansons anglophones pour désigner la femme qu’on aime.

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      • … mais à cette différence près, me semble-t-il, que dans le cas du terme affectueux de “baby” adressé à une personne du sexe féminin dont le lecteur ignore tout, l’équivoque n’est pas possible. Le lecteur SAIT pertinemment que la partenaire féminine N’EST PAS un “bébé”… tandis que le terme de “fillette”, lui, prête à équivoque. A priori, le lecteur ne peut pas savoir s’il s’agit d’une fillette au sens premier, ou bien d’une jeune fille… et seul le contexte permet (ou pas) de lever l’ambiguité… et encore, pas toujours… De même, on rencontre relativement souvent dans la littérature le terme de “jeune fille”, pour désigner une enfant non encore pubère… C’est parfois là une grande difficulté pour l’interprétation. Fort heureusement, dans les romans en particulier, l’âge réel de la jeune personne est souvent précisément spécifié, même si c’est parfois quelques chapitres auparavant… ou dans un des chapitres suivants. Dans ce cas la lecture du roman complet s’avère absolument nécessaire. Et c’est une tâche à laquelle je me livre toujours.

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