Émile Blémont : Françoise et Nicole

William Stott of Oldham - Wild Flower (1881)

William Stott of Oldham – Wild Flower (1881)

Dans mon article précédent, j’ai présenté le recueil Les pommiers en fleur : idylles de France et de Normandie, publié en 1891 par Émile Blémont (1839-1927), et choisi dans la première partie de celui-ci, Les matins d’or et les nuits bleues, deux poèmes sentimentaux sur les jeunes filles et l’amour. La deuxième partie du recueil, Chansons des champs, traite également de l’amour, mais sur un ton plus sensuel : il y est question de jolis seins et de baisers. Voici deux poèmes de cette second partie, typiques de cette veine.

Françoise, aux “tétins de framboise” et au “fin duvet de pêche”, est probablement une jeune adolescente. Qui ne tomberait pas amoureux d’une fille aussi belle ?

X — FRANÇOISE

Amis, chantons Françoise,
Ses tétins de framboise,
Son rire sans pareil,
Ses yeux clairs, sa voix fraîche.
Son fin duvet de pêche,
Ses cheveux de soleil !

Que Françoise m’est chère !
Quelle grâce légère,
Quel charme naturel !
Elle est simple à merveille,
Vive comme une abeille,
Douce comme du miel.

A la voir, à l’entendre,
On a le cœur plus tendre
Qu’un rossignol au bois :
Ne vaut-il pas mieux être
Son cher seigneur et maître
Que l’héritier des rois ?

Nicole, ce sont les premiers baisers, “derrière l’école”, les amoureux doivent être très jeunes.

XXIX — NICOLE

I

Une fois, deux fois,
J’embrassai Nicole,
Une fois, deux fois,
Derrière l’école,
Puis, une autre fois,
Tout au fond des bois.

II

La première fois,
Ce fut par surprise ;
La seconde fois,
Nicole était grise ;
La troisième fois,
Elle a ri, je crois.

III

La troisième fois,
Elle a ri, Nicole !
La troisième fois,
La petite folle
M’a dit, à mi-voix
« — Encore une fois ! »

Association des Amis et Passionnés du Père-Lachaise – tombe d’Émile Blémont

Émile Blémont (de son vrai nom Léon-Émile Petitdidier) est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, dans la 11e division.

Nécrologie d’Émile Blémont par Ernest Prévost.

Une courte biographie et un poème.

Source des poèmes : Émile Blémont, Les pommiers en fleur : idylles de France et de Normandie, édition Charpentier (1891), sur Gallica.

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