Nicolas Boileau : Sonnet sur une de mes parentes

photographie post-mortem, 19e siècle - repris de pixieandrotter.wordpress.com

Photographie post-mortem, 19e siècle – repris de pixieandrotter.wordpress.com

Le poète, écrivain et critique français Nicolas Boileau (1636–1711), dit aussi Boileau-Despréaux, est l’auteur des célèbres Satires et Épîtres. Dans ce poème plus personnel, il partage la douleur profonde et durable qu’il ressentit à la mort d’une petite fille de sa famille, qu’il aimait tendrement. Il attribue la source de son élan poétique à cet événement tragique et à son désir de venger l’injustice de ce décès dû à l’incompétence des hommes.

SONNET SUR UNE DE MES PARENTES QUI MOURUT TOUTE JEUNE
ENTRE LES MAINS D’UN CHARLATAN

Nourri dès le berceau près de la jeune Orante,
Et non moins par le cœur que par le sang lié,
À ses jeux innocents enfant associé,
Je goûtais les douceurs d’une amitié charmante

Quand un faux Esculape, à cervelle ignorante,
À la fin d’un long mal vainement pallié,
Rompant de ses beaux jours le fil trop délié,
Pour jamais me ravit mon aimable parente.

Oh ! qu’un si rude coup me fit verser de pleurs !
Bientôt la plume en main signalant mes douleurs,
Je demandai raison d’un acte si perfide.

Oui, j’en fis dès quinze ans ma plainte à l’Univers ;
Et l’ardeur de venger ce barbare homicide
Fut le premier démon qui m’inspira des vers.

Source: Paradis des albatros et François Lemonnier: La sexualité de la fillette, Amours enfantines 2.

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